Après une carrière de médecin hospitalier, la retraite est arrivée. Passionné de navigation de longue date, j'ai pris la mer le 02 Mai 2021 en direction de la Grèce depuis Saint Malo en Bretagne. J'ai l'intention de multiplier les escales et de prendre tout mon temps.. " Caminante, no hay camino, se hace el camino al andar" Kiriaki est ma monture, un vaillant Kirk ( chantier Amel) de 1970.
16 Juin 2024
Une brève navigation par un temps brumeux et une forte houle nous conduit de Peniche à Nazaré en ce samedi 08 Juin. Encore une fois, mon brave moteur est sollicité.. Pas facile de progresser à la voile par vent faible et mer formée.. Il ne faut pas trop traîner dans le passage entre le cap Carvoeiro et les iles Berlengas ou la mer a tendance à déferler. Le ressac sur les falaises du cap est très impressionnant dans cette brume laiteuse. Arrivée au port sans autres difficultés.
L'escale va se prolonger, du fait de vents de nord barrant notre progression. Le capitaine du port de Nazaré nous déconseille d'étaper par Figueira da Foz, très souvent fermé du fait de la houle.. C'est encore plus vrai pour Aveiro, à l'entrée particulièrement dangereuse, ou l'on recense chaque année des accidents avec des bateaux de plaisance roulés dans la barre. Seul le port de Leixoes offre une certaine garantie de pouvoir rentrer et sortir avec une houle établie. La prochaine étape fera donc une centaine de milles, sans vrai abri à la cote, ce qui nécessite une bonne couverture météo et un vent pas trop défavorable!
Cette occasion va se présenter le 13/06 et nous sortons à 10h du port, contre une houle encore assez formée, mais rien de très inquiétant.. Un bon vent de NNW nous permet d'établir la voilure et de nous dégager jusqu'à 5 milles du cap juste au nord de Nazaré. On vire et on tente de se diriger plein nord, mais cela va nécessiter de s'appuyer sur le moteur, le vent ayant molli, et la houle grossi..On se rend alors compte que la puissance de la mécanique est anormalement faible et s'accompagne d'un bruit très désagréable, lorsque on embraye.. Je soupçonne alors un bout pris dans l'hélice. Il n'est pas possible de plonger avec ces creux d'un bon mètre cinquante et je décide de rebrousser chemin vers Nazaré qui nous tend les bras à deux petites heures de route au grand largue. Une fois au port, on arrive bien tant que mal à notre place avec une manoeuvrabilité limitée du fait de la perte de puissance. Il fait soleil, l'eau est à 17 degrés, je me mets à l'eau avec masque et tuba pour aller inspecter l'hélice. Bingo! un gros bout tout noir est bien entortillé autour de l'arbre et des pales de l'hélice, expliquant la perte de propulsion.. Il faudra plusieurs plongées avec le couteau pour dégager cette horreur. Je redémarre le moteur après, essaye de mettre en avant et en arrière, à priori, RAS, le vilain bruit a disparu, tout semble fonctionner correctement.
La fenêtre météo qui nous autorisait le trajet a une durée limitée dans le temps, et malheureusement, si l'on repartait, on serait cueillis par un vent contraire et fort à 30 milles de Porto. La séance de plongée m'a fatigué et je ne me sent pas de repartir tout de suite.. Mon coéquipier Patrick ne souhaite pas attendre le prochain créneau qui se profilerait entre dimanche et lundi 16-17, il préfère rentrer chez lui du fait de soucis familiaux.. Je me sens aussi un peu émoussé et finalement, voyant la météo très peu favorable pour les jours suivants, je décide d'une pause dans la navigation et je prends un billet d'avion aller-retour entre le 18 et le 25 entre Porto et Paris.. Probablement, mon fils Vincent pourra rentrer avec moi et m'aider à avancer, sinon à ramener Kiriaki.. Ce voyage me permettra également de régler les formalités de vote par correspondance pour ces législatives anticipées, et de ramener à bord des documents nautiques pour la Manche, ainsi que ma calculatrice programmée astro que j'avais oubliés en partant.. Quand on traversera le golfe de Gascogne, je serai heureux de pouvoir faire quelques droites de hauteur et autres méridiennes..
Il me faut souligner ici la grande gentillesse et le professionnalisme de l'équipe du port de Nazaré, à l'écoute des besoins des navigateurs et très réactifs.. Départ en car de Nazaré à Porto direct mardi matin, arrivée à Cherbourg dans la nuit si j'arrive à attraper le dernier train mardi soir à Saint Lazare! Les voyages forment la jeunesse..